Emprunter avec un risque aggravé de santé grâce à la convention AERAS

Emprunter avec un risque aggravé de santé grâce à la convention AERAS

25 juin 2026 · 8 min de lecture

La convention AERAS facilite l’accès à l’assurance emprunteur et au crédit quand un ancien ou actuel problème de santé complique le dossier. Elle peut ouvrir un examen plus poussé, encadrer certaines surprimes et activer le droit à l’oubli dans des cas précis. Son objectif principal est de permettre, autant que possible, l’accès à une assurance de prêt immobilier ou professionnel malgré un risque aggravé de santé.

C’est le point à garder en tête avant tout rendez-vous bancaire : AERAS n’efface pas le risque médical, elle organise son analyse. En assurance crédit immobilier, la convention AERAS sert surtout à encadrer la façon dont l’assureur étudie votre situation. Pour un emprunteur, l’enjeu consiste donc à vérifier les bons seuils, à comprendre quand le questionnaire de santé s’applique encore, puis à réagir proprement si la réponse de l’assureur arrive avec une exclusion ou un refus.

L’essentiel à retenir
  • ✓Convention AERAS : elle facilite l’examen d’une assurance emprunteur en cas de risque aggravé de santé pour un prêt immobilier, professionnel ou certains crédits à la consommation, sans garantir l’accord.
  • ✓Questionnaire de santé : il peut être supprimé sous conditions, notamment selon le montant emprunté et l’âge de fin de remboursement.
  • ✓Droit à l’oubli : certains anciens cancers ou hépatites virales C n’ont pas à être déclarés si les conditions officielles sont réunies.
  • ✓Grille AERAS : elle peut limiter surprimes ou exclusions pour certaines situations, mais il faut vérifier la version officielle à jour.
  • ✓Après un refus : délégation d’assurance, garanties alternatives et médiation peuvent être étudiées sans promettre une acceptation.

Convention AERAS : objectif et fonctionnement pour l’emprunteur

La convention AERAS signifie « s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ». Elle intervient quand le profil médical d’un emprunteur empêche une acceptation classique de l’assurance de prêt. Dans la pratique, le dossier n’est pas censé rester bloqué au premier refus standard : il peut être réexaminé selon un cadre plus précis, prévu par la convention.

Ce cadre concerne surtout l’assurance emprunteur liée à un crédit immobilier, mais aussi certains prêts professionnels et, plus ponctuellement, des crédits à la consommation. L’emprunteur n’a pas à faire une démarche distincte ou à « s’inscrire » séparément à AERAS. Si son dossier entre dans le champ prévu, la banque ou l’assureur doit appliquer le dispositif pendant l’étude de la demande, selon des procédures internes et des délais encadrés.

La limite à ne pas oublier
AERAS n’oblige pas l’assureur à proposer un contrat. Une réponse peut rester négative, ou contenir une surprime, une exclusion ou une garantie moins large que celle attendue.

Ce que je vérifiais toujours dans les dossiers sensibles, c’est le décalage entre la promesse orale et la réponse écrite. Une phrase rassurante en agence ne suffit pas. Il faut lire la proposition d’assurance, la fiche de garanties, les exclusions et les éventuelles conditions liées à l’âge ou au montant du prêt.

Risque aggravé de santé : qui est concerné par la convention AERAS ?

Un risque aggravé de santé désigne une situation où le risque de maladie ou de décès est considéré comme supérieur à celui d’une population de référence. Ce n’est pas au lecteur de poser lui-même un diagnostic assurantiel. C’est l’assureur qui qualifie le risque à partir des informations médicales demandées, quand elles sont légalement exigibles.

Les cas rencontrés sont variés : maladie chronique, antécédent lourd, suivi médical ancien, traitement terminé mais encore inscrit dans l’historique. Par exemple, certains cancers, pathologies cardiovasculaires, diabètes, affections psychiatriques ou maladies rares peuvent être regardés comme des risques aggravés, mais ce n’est pas automatique. Il faut rester prudent, car une même pathologie peut être traitée différemment selon la date, le protocole, l’évolution et la grille officielle en vigueur.

  • un antécédent médical déclaré dans un questionnaire de santé ;
  • une maladie passée ou actuelle avec suivi ;
  • un refus ou une proposition avec surprime liée à l’état de santé ;
  • une demande de prêt nécessitant une assurance emprunteur.

À l’inverse, un métier exposé, un sport risqué ou l’âge de l’emprunteur ne relèvent pas automatiquement du risque aggravé de santé au sens strict. Ces éléments peuvent peser dans une tarification, mais ils ne remplacent pas l’analyse médicale encadrée par la convention AERAS.

dossier d'assurance emprunteur avec calendrier et calculatrice
Les seuils AERAS se vérifient avant le questionnaire et avant la signature.

Les seuils et plafonds AERAS à vérifier avant de déposer son dossier

Les erreurs viennent souvent d’un mélange entre quatre mécanismes différents. La suppression du questionnaire de santé, le droit à l’oubli, la grille de référence et l’écrêtement des surprimes ne répondent pas au même problème. Les confondre peut conduire à remplir trop vite un questionnaire ou à attendre une protection qui ne s’applique pas.

MécanismeÀ quoi cela sertConditions principalesSeuils à retenirSource à citer
Suppression du questionnaire de santéÉviter la collecte d’informations médicalesCrédit immobilier entrant dans les conditions prévues200 000 € par emprunteur et fin de remboursement avant 60 ansService-public.fr, page vérifiée le 7 mai 2025
Droit à l’oubliNe pas déclarer certains anciens antécédentsCancer ou hépatite virale C, protocole terminé, absence de rechute5 ans après la fin du protocole et contrat se terminant avant 71 ansService-public.fr, page vérifiée le 7 mai 2025
Grille de référence AERASEncadrer surprime ou exclusion selon certaines situationsConditions médicales et financières prévues par la grille à jourMoins de 71 ans à la fin du contrat et crédit à assurer jusqu’à 420 000 € dans le cadre indiquéService-public.fr et grille AERAS officielle
Écrêtement des surprimesLimiter le poids d’une surprime pour certains emprunteursConditions de ressources et type de prêtSeuils exprimés en PASS, à vérifier sans conversion approximativeaeras-infos.fr

Un exemple simple : deux co-emprunteurs peuvent être sous le seuil de 200 000 € chacun même si le prêt total dépasse ce montant. À l’inverse, un emprunteur seul peut sortir de ce mécanisme si le capital assuré est supérieur. C’est pourquoi le calcul se fait sur la part assurée et la date de fin de remboursement, pas seulement sur le prix du bien.

Quels prêts peuvent entrer dans le cadre de la convention AERAS

Le prêt immobilier est le cas le mieux documenté, car l’assurance conditionne souvent l’accord de financement. Pour l’achat d’une résidence principale, les seuils de 200 000 €, 60 ans, 420 000 € et 71 ans doivent être lus séparément. Ils ne déclenchent pas tous le même droit ni le même avantage AERAS.

Les prêts professionnels peuvent aussi être concernés par certains volets de la convention, notamment lorsqu’une assurance est demandée et qu’une surprime liée à la santé pèse sur l’accès au crédit. Là encore, il faut vérifier le dispositif applicable au cas précis, car les seuils et conditions ne se résument pas à une phrase unique.

  • Crédit immobilier : le plus fréquent, avec règles officielles mieux établies.
  • Prêt professionnel : possible selon l’assurance exigée et les conditions AERAS.
  • Crédit à la consommation : à traiter au cas par cas, sans reprendre de seuil non vérifié.

Dans un dossier de résidence principale assuré jusqu’à 420 000 €, l’âge à la fin du contrat devient donc aussi important que le montant. Un projet peut passer d’un régime à l’autre simplement parce que la durée du crédit décale la fin de l’assurance.

Comment se déroule l’étude d’une demande d’assurance avec la convention AERAS

Le parcours commence comme une demande classique. La différence apparaît si le dossier ne peut pas être accepté aux conditions standard. L’assureur doit alors pousser l’analyse selon les niveaux prévus, au lieu de se contenter d’un refus immédiat sans examen adapté. La convention prévoit également des délais maximums d’étude ; en pratique, demandez à votre interlocuteur les échéances prévisionnelles pour ne pas bloquer la signature du prêt.

Grille de décision

Les points à préparer avant l’envoi

Un dossier AERAS n’a pas besoin d’être dramatisé. Il doit surtout être complet, cohérent et lisible pour éviter les allers-retours.

Seuils

Montant assuré

La part assurée par emprunteur est-elle clairement identifiée ?

Impact décision : Elle conditionne notamment la suppression éventuelle du questionnaire.

Âge final

Durée du prêt

Quel âge aura l’emprunteur à la fin du remboursement ?

Impact décision : Ce point change l’analyse du droit à l’oubli et de la grille.

Recours

Réponse écrite

La proposition ou le refus mentionne-t-il les garanties, exclusions et surprimes ?

Impact décision : Sans écrit, il devient difficile de contester ou comparer.

  1. Demander l’assurance emprunteur avec les caractéristiques exactes du prêt.
  2. Vérifier si un questionnaire de santé peut légalement être demandé.
  3. Transmettre un dossier complet uniquement lorsque les informations sont exigibles.
  4. Attendre l’examen standard puis, si nécessaire, les niveaux renforcés AERAS.
  5. Comparer la réponse avec les recours possibles : autre assurance, garantie alternative ou médiation.

Les informations médicales suivent un cadre spécifique. Cela ne dispense pas de vigilance : conservez les échanges, les dates, les formulaires transmis et les réponses reçues. En cas de désaccord, ces éléments deviennent plus utiles qu’un souvenir de conversation téléphonique.

Droit à l’oubli et grille de référence AERAS : impact sur le questionnaire de santé

Le droit à l’oubli est souvent mal compris. Selon Service-public.fr, certains anciens cancers ou une hépatite virale C n’ont pas à être déclarés si le protocole thérapeutique est terminé depuis au moins 5 ans, sans rechute, et si le contrat d’assurance prend fin avant les 71 ans de l’emprunteur. Ce n’est pas une dispense générale pour tout antécédent médical.

Prenons un cas volontairement simple. Une personne a terminé son protocole de traitement depuis plus de cinq ans, sans rechute documentée. Avant de remplir le questionnaire, elle vérifie si son ancien antécédent entre bien dans le droit à l’oubli. Si oui, elle ne le déclare pas. Si un doute existe, elle vérifie auprès d’une source officielle ou d’un interlocuteur compétent, sans improviser.

La grille de référence AERAS fonctionne autrement. Certaines situations restent à déclarer, mais l’assureur ne peut pas appliquer n’importe quelle surprime ou exclusion si toutes les conditions de la grille sont réunies. La nuance est importante : ne pas déclarer et déclarer avec encadrement ne produisent pas le même effet.

dossiers de recours assurance emprunteur avec options classées
Après une surprime, une exclusion ou un refus, la suite se joue sur les écrits et les garanties restantes.

Refus, surprime ou exclusion avec AERAS : le projet n’est pas toujours bloqué

Une réponse difficile ne ferme pas toujours la porte au crédit. Elle oblige surtout à reprendre le dossier avec méthode.

La pire erreur serait de signer dans l’urgence une proposition mal comprise, ou de changer d’assureur sans vérifier l’équivalence des garanties demandées par la banque. Dans ces dossiers, la qualité des garanties pèse autant que le tarif affiché.

Comparatif

Après une réponse difficile, quoi regarder en premier ?

Un refus ou une surprime demande une lecture méthodique. Commencez par les éléments qui changent vraiment la suite du prêt.

Motif écrit

Comprendre la décision

Sans réponse écrite, la comparaison et le recours deviennent fragiles.

Garanties restantes

Mesurer l’impact réel

Une exclusion peut être acceptable ou bloquante selon les exigences de la banque.

Alternative crédible

Comparer sans promettre

Délégation, garantie alternative ou médiation doivent être étudiées avec les pièces du dossier.

Situation rencontréeAction possibleInterlocuteurDocument utilePoint de vigilance
Refus d’assuranceDemander les motifs et chercher une autre propositionAssureur, banque, courtierNotification de refusVérifier que les niveaux AERAS ont bien été examinés
Surprime jugée trop élevéeVérifier l’écrêtement et comparer une délégationAssureur, courtierProposition tariféeNe pas comparer seulement la cotisation mensuelle
Exclusion de garantieMesurer l’impact sur l’équivalence de garantiesBanque, assureurConditions particulièresUne exclusion peut rendre l’offre insuffisante pour la banque
Garanties insuffisantesÉtudier une garantie alternativeBanqueListe des garanties exigéesLa banque doit accepter la garantie proposée
Doute sur l’application d’AERASSaisir la médiation AERAS si le cadre semble mal appliquéCommission de médiation AERASDossier complet et échangesNe pas saisir sans éléments écrits et datés

La délégation d’assurance peut aider, mais ce n’est pas une baguette magique. Elle doit respecter les garanties exigées par la banque. Sur un dossier avec antécédent médical, je conseillerais surtout de comparer les réponses ligne par ligne : garanties décès, invalidité, incapacité, exclusions, surprimes et durée de validité de l’accord.

Le bon réflexe AERAS avant de signer son assurance de prêt

Avant d’accepter une assurance emprunteur avec AERAS, contrôlez trois points : les seuils officiels, le droit ou non au questionnaire de santé, puis l’effet réel de la proposition sur votre prêt. Si une surprime, une exclusion ou un refus apparaît, demandez une trace écrite et vérifiez les options avant de renoncer au projet. La convention AERAS peut ouvrir une voie d’examen plus juste. Elle ne remplace pas une lecture attentive du contrat.

Points de vigilance
Olivier Renard
A propos de l'auteur Olivier Renard

Olivier Renard a passé douze ans derrière le bureau d'un cabinet de courtage en assurances à Lyon, à éplucher des conditions générales et à négocier des contrats pour des…

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