Le régime de la micro-entreprise n'impose aucune assurance par lui-même : l'obligation vient de l'activité exercée (véhicule, bâtiment, activité réglementée). Partout ailleurs, la responsabilité civile professionnelle reste fortement conseillée, car le patrimoine professionnel, qui répond seul des dettes de l'activité, peut ne pas suffire à indemniser un client.
Vous allez voir ce qui est réellement obligatoire selon votre métier, ce que couvre une RC pro, combien prévoir, ce que la CPAM prend en charge à votre place, et comment souscrire sans trou de couverture.
Le parcours
Les étapes de cette page, dans l’ordre.
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01 Identifier l'obligation Repérer si votre activité déclenche une assurance obligatoire (véhicule, décennale, métier réglementé).
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02 Mesurer le risque Évaluer ce qu'un dommage causé à un client ou à un tiers vous coûterait personnellement.
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03 Chiffrer la couverture Fixer un niveau de garantie et de franchise compatible avec votre chiffre d'affaires.
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04 Souscrire et vérifier Signer, contrôler l'attestation, puis suivre les échéances de résiliation.
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Quelles assurances sont obligatoires pour un micro-entrepreneur ?
Aucune assurance n'est imposée par le seul statut de micro-entrepreneur : ce sont votre activité et vos biens qui créent l'obligation.
La micro-entreprise peut être soumise à l'obligation de souscrire certaines assurances en fonction de son activité. Trois cas déclenchent l'obligation : un véhicule utilisé pour l'activité, un métier du bâtiment soumis à la décennale, ou une profession réglementée qui exige une garantie spécifique. Dans ces situations, mieux vaut regarder une multirisques professionnelle : elle peut réunir toutes les assurances obligatoires en un seul contrat.
Véhicule utilisé pour l'activité
Dès qu'un véhicule terrestre à moteur sert à votre activité, l'assurance est obligatoire, même s'il ne roule pas, par l'article L211-1 du Code des assurances.
- Texte
- Code des assurances, art. L211-1
- Portée
- Tout véhicule à moteur
Le point cléVérifiez que votre contrat auto autorise l'usage professionnel.
Métiers du bâtiment
L'assurance décennale est obligatoire pour les constructeurs et artisans du bâtiment depuis la loi Spinetta du 4 janvier 1978 : elle couvre dix ans les dommages de solidité.
- Texte
- Loi Spinetta du 4 janvier 1978
- Durée
- 10 ans
Le point cléL'absence d'attestation bloque la signature de certains chantiers.
Activités réglementées
Certains métiers (santé, sécurité, transport, immobilier) exigent une garantie propre pour être autorisés à exercer.
Le point cléConsultez les conditions d'exercice de votre profession avant de démarrer.
Le reste des activités
Un consultant, un développeur ou un commerçant en ligne n'a pas d'obligation légale d'assurance au titre de son statut.
Le point cléL'absence d'obligation ne signifie pas absence de risque.
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Un micro-entrepreneur peut-il perdre son patrimoine personnel ?
En entreprise individuelle, depuis la loi du 14 février 2022, les créanciers professionnels ne saisissent que le patrimoine professionnel, et la résidence principale leur reste insaisissable, sauf fraude, manquements graves et répétés aux obligations fiscales et sociales, ou renonciation.
Depuis la loi du 14 février 2022, la séparation entre votre patrimoine personnel et professionnel est automatique : vous n'avez aucune démarche à faire, ni déclaration, ni acte notarié. Un fournisseur impayé ou un client mécontent ne peut saisir que les biens affectés à l'activité : matériel, véhicule utilitaire, stock, compte bancaire dédié. Votre appartement, votre épargne personnelle et vos comptes privés restent hors de portée de ces créanciers professionnels, sauf fraude, manquements graves et répétés aux obligations fiscales et sociales, ou renonciation de votre part.
Cette protection s'arrête pourtant au périmètre de l'activité. Une faute personnelle, une dette fiscale ou un dommage causé en dehors du cadre professionnel échappent au bouclier : là, vos biens personnels redeviennent saisissables. D'où l'intérêt d'une multirisques professionnelle, qui peut réunir les assurances obligatoires liées à votre métier et couvrir les sinistres qui engageraient votre responsabilité.
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Le micro-entrepreneur est-il couvert par la CPAM ?
Oui : la micro-entreprise est rattachée au régime général, vous êtes donc affilié à la CPAM, mais avec des différences de couverture par rapport à un salarié.
Votre rattachement au régime général vous ouvre l'accès aux remboursements de l'assurance maladie, donc aux soins courants et à l'arrêt de travail. Mais cette couverture s'arrête là : vous ne cotisez ni à l'assurance chômage ni à la prévoyance d'entreprise. Concrètement, la perte de revenus pendant un arrêt n'est pas couverte par défaut. Les indemnités journalières versées par la CPAM sont souvent très inférieures à vos revenus habituels : c'est précisément le rôle d'une prévoyance individuelle que de compléter ce versement pour maintenir votre niveau de vie pendant un arrêt long.
Si vous arrivez d'un emploi salarié, pensez à la loi Évin : un retraité ou un ancien salarié couvert par la complémentaire santé de son entreprise peut la conserver à titre individuel, à condition d'en faire la demande dans les six mois. Le tarif reste identique la première année, puis sa hausse est plafonnée à un quart la deuxième année et à la moitié la troisième. Un relais à connaître avant de souscrire une couverture en solo.
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Quelles garanties choisir selon son activité ?
Le niveau de couverture suit l'exposition de votre métier, pas un modèle unique : responsabilité civile, dommages aux biens, véhicules et multirisque se combinent différemment.
La micro-entreprise peut être soumise à l'obligation de souscrire certaines assurances selon son activité, car c'est le métier exercé qui déclenche ou non l'obligation, pas le statut. Vous devez donc partir de votre exposition réelle : ce que vous manipulez, ce que vous transportez, les tiers que vous croisez. Alors une multirisque professionnelle peut réunir toutes les assurances obligatoires dans un seul contrat, et vous suivez ainsi une seule échéance au lieu d'empiler les polices.
Pour dimensionner la couverture, regardez votre chiffre d'affaires et votre exposition ensemble : plus le second est élevé, plus la garantie doit être large, puisqu’un sinistre se chiffre en réparation, pas en pourcentage. Si votre activité vous met en contact avec des clients ou des passants, la responsabilité civile passe devant ; si vous stockez ou transportez des biens, les dommages aux biens prennent le relais.
Pour approfondir
La section donne le principe, pas la méthode pour fixer un plafond : voici comment le chiffrer à partir d'un sinistre crédible plutôt que d'un chiffre choisi au hasard.
Dimensionner sa couverture
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Quelles garanties selon votre métier : services, commerce ou bâtiment ?
Trois familles d'activité appellent trois priorités différentes de couverture.
Votre métier détermine ce que vous devez couvrir en priorité. Un prestataire de services redoute surtout le dommage immatériel : une erreur, un retard, une perte de données chez le client. Un artisan du bâtiment, lui, cumule les dommages matériels et la décennale obligatoire. Un commerce avec local reçoit du public, alors le dommage aux personnes et aux biens devient central.
Pensez aussi au véhicule qui sert à l'activité : si vous en détenez ou louez un, chacun doit être assuré pour cet usage professionnel. La responsabilité civile, elle, ne se limite pas à vos locaux : elle vous suit sur le chantier, chez le client, sur la route.
Pour approfondir
Le cas de Marc montre pourquoi la marchandise d'un client n'est presque jamais couverte par l'assurance du véhicule qui la transporte.
Marchandises transportées
Pour la suiteReste à savoir ce que ces garanties coûtent réellement.
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Combien coûte une assurance pour une micro-entreprise ?
Pour une prestation de services sans véhicule et sans local, la RC pro reste le poste principal : son prix dépend du métier, du plafond et de la franchise, et seuls plusieurs devis donnent un chiffre fiable.
Le prix d'une assurance pour une micro-entreprise ne se lit pas sur une grille unique : il dépend de ce que votre activité expose réellement. Une prestation de services sans véhicule et sans local se couvre par une responsabilité civile professionnelle dont la prime annuelle reste dans un ordre de grandeur modéré. Si vous exercez un métier du bâtiment, un second poste s'ajoute, distinct du premier.
Sur un poste de plombier ou de menuisier, la décennale pèse à elle seule un budget à part. Elle couvre vos chantiers pendant une longue durée après la réception des travaux. Votre cotisation dépend alors de votre métier, de votre chiffre d'affaires et des garanties souscrites. Additionnez donc les deux lignes au lieu de raisonner sur un seul contrat.
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Que faire quand un client se plaint d'un dommage ?
La déclaration d'un sinistre obéit à des délais légaux que le contrat ne peut pas raccourcir.
Quand un client vous signale un dommage, c'est le contrat qui fixe le délai de déclaration, mais la loi pose un plancher : le contrat ne peut pas imposer moins de 5 jours ouvrés, porté à 2 jours ouvrés en cas de vol, puisque l'article L113-2 du Code des assurances protège l'assuré. Ce délai court à partir du moment où vous avez connaissance du sinistre, donc ne tardez pas à ouvrir le dossier.
Pour une catastrophe naturelle, le compte à rebours ne démarre pas le jour du dégât : vous disposez de 30 jours à compter de la publication de l'arrêté de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, comme le prévoit l'article L125-2.
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Geler la situation
Constituez le dossier avant de discuter avec le client : photos, factures, échanges écrits, constat du dommage.
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Déclarer au bon délai
5 jours ouvrés minimum selon L113-2 du Code des assurances, 2 jours ouvrés en cas de vol.
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Transmettre les preuves
Devis de réparation, expertise, attestation du plafond de garantie mobilisé.
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Suivre la position de l'assureur
Demandez la position écrite, garantie par garantie, en séparant les garanties concernées.
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Gérer le désaccord
En cas de refus, un recours interne puis le médiateur de l'assurance sont accessibles gratuitement.
Pour approfondir
Le délai de 30 jours ne sert à rien si vous ignorez quand il démarre et ce que votre contrat couvre réellement : voici le cas d'un local professionnel touché par une catastrophe naturelle.
Catastrophe naturelle
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Comment souscrire, modifier ou résilier son assurance pro ?
Le choix se joue sur trois critères et la résiliation obéit à des règles propres aux contrats professionnels.
Comparer deux contrats sur la prime seule ne dit rien de leur valeur. Mettez en face des garanties et des franchises égales, sinon la comparaison ne pèse rien. Avant de comparer le reste, cochez ce qui s'impose à votre métier : véhicule, décennale, profession réglementée, ce qui est obligatoire n'est pas négociable. Alors seulement vous jugez ce que chaque contrat ajoute. Une garantie absente ne se rattrape pas au moment du sinistre.
Partez ensuite du pire scénario crédible pour votre activité, puis choisissez un plafond qui le couvre et une franchise que vous pouvez réellement payer. Pour modifier ou résilier, ne comptez pas sur la loi Hamon. Un contrat professionnel suit le préavis prévu au contrat, pas le mois de la résiliation à tout moment réservée aux particuliers. Lisez donc la clause de durée avant de signer, sinon vous restez lié plus longtemps que prévu.
Pour la suiteAvant de signer, lisez les clauses du devis.
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Quelles clauses vérifier avant de signer ?
Cinq points d'attention reviennent le plus souvent et coûtent cher au moment du sinistre.
La prime affichée ne dit rien de la valeur d'un contrat d'assurance. Ce qui compte, c'est ce qu'il ne couvre pas. Lisez donc les exclusions, puisque ce que vous croyez protégé peut être précisément écarté. La clause non lue se transforme en refus d'indemnisation le jour du sinistre. Regardez aussi la franchise, c'est-à-dire la part qui reste à votre charge. Elle varie fortement d'un contrat pro à l'autre.
Sur le devis, ces deux lignes pèsent plus que le tarif. Une prime basse avec une franchise élevée vous coûtera cher au premier dégât. Comparez à garanties et franchises égales, sinon vous ne comparez rien. Cinq points d'attention reviennent le plus souvent, et ils coûtent cher au moment du sinistre.
Activité déclarée au contrat
Comparez votre activité réelle, au mot près, avec la désignation du contrat.
Exclusions et franchises
Repérez les exclusions (activités de conseil hors périmètre, dommages esthétiques) et le niveau de chaque franchise.
Plafond par sinistre et par an
Les deux doivent être connus. La garantie s'épuise séparément sur l'année.
Délais de déclaration
Le contrat ne peut pas descendre sous 5 jours ouvrés, ni sous 2 jours ouvrés en cas de vol.
Résiliation et préavis
Sur un contrat professionnel, c'est le préavis écrit du contrat qui s'applique, pas la loi Hamon réservée aux particuliers.
Multirisque ou contrats séparés
Une multirisque peut réunir les assurances obligatoires, mais le périmètre de chaque garantie doit être vérifié séparément.
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Que décider maintenant selon votre situation ?
Trois cas de figure appellent trois décisions immédiates, avant le premier devis client.
Trois cas de figure appellent trois décisions immédiates, avant le premier devis client. Pas de véhicule ni de local, aucune obligation de métier. Fixez alors le plafond de votre RC pro, puisque c'est lui qui vous couvre face à un client mécontent. Artisan du bâtiment, la décennale doit être en place avant le premier chantier, sans exception : vous engagez votre responsabilité sur des années.
Vous utilisez un véhicule ? Vérifiez alors l'usage déclaré à votre assurance avant la prochaine intervention. Un trajet professionnel non mentionné peut vous laisser sans couverture le jour du sinistre.
Aucune obligation de métier
Votre décision porte sur le plafond et la franchise de votre RC pro, à calibrer sur votre chiffre d'affaires et votre exposition.
Le point cléListez les pages du guide sur la RC pro des indépendants et les garanties de l'auto-entrepreneur pour approfondir cette décision.
Métier du bâtiment
La décennale conditionne l'accès aux chantiers : elle se souscrit avant la première intervention.
Le point cléLa page du guide dédiée à la décennale auto-entrepreneur détaille le choix et le prix.
Activité utilisant un véhicule
L'usage professionnel doit être déclaré au contrat d'assurance du véhicule, sous peine de refus de garantie.
Le point cléVérifiez la déclaration d'usage avant toute nouvelle tournée client.
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