Responsabilité civile
Qui peut être indemnisé ?
Impact décision : Le contrat doit préciser les dommages causés aux tiers par le bien ou le propriétaire.

15 septembre 2026 · 5 min de lecture
Vous louez un logement et vous voulez savoir quelle assurance propriétaire bailleur choisir ? La réponse dépend d’abord de la copropriété, de l’occupation du bien et des risques que vous souhaitez réellement couvrir. La PNO — assurance propriétaire non occupant — peut protéger le bailleur, mais son nom ne suffit pas à connaître ses garanties.
En France, un propriétaire bailleur n’est pas toujours obligé de souscrire une assurance habitation. En revanche, un copropriétaire, occupant ou non occupant, doit être assuré en responsabilité civile. Et le bailleur doit veiller à ce que son locataire possède une assurance contre les risques locatifs. Le bon contrat se décide donc à partir de ces trois responsabilités, puis des clauses proposées.
Il faut distinguer deux cas. Si le logement est en copropriété, l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire de s’assurer contre les risques de responsabilité civile liés à sa qualité de copropriétaire occupant ou non occupant. Cette obligation vise donc le bailleur copropriétaire, même si le logement est loué.
Si le bien ne fait pas partie d’une copropriété, Service-Public indique que le propriétaire bailleur n’a pas l’obligation générale de souscrire une assurance habitation. Cela ne supprime pas sa responsabilité : un incendie, une fuite ou un élément du bâtiment peut causer un dommage à un voisin, un locataire ou un tiers. Une couverture de responsabilité civile reste alors une protection particulièrement importante.
Dans tous les cas, le bailleur doit veiller à ce que le locataire ait souscrit une assurance contre les risques locatifs. Demander une attestation à la signature puis selon les modalités prévues par le bail permet de documenter cette vérification. Cette assurance du locataire ne remplace pas celle du propriétaire : elles ne couvrent pas nécessairement les mêmes personnes, biens ou circonstances.
Une PNO est généralement pensée pour un logement que son propriétaire n’occupe pas au quotidien. Elle peut inclure la responsabilité civile du propriétaire et des garanties portant sur le bâtiment : dégât des eaux, incendie, événement climatique ou détérioration, selon les options et les exclusions. La liste exacte varie d’un contrat à l’autre.
Le point important n’est donc pas de cocher le mot « PNO », mais de lire les conditions générales et particulières. Vérifiez notamment le logement assuré, les dépendances, les parties privatives, les périodes de vacance et la définition du sinistre. Une garantie annoncée dans une brochure peut être limitée par un plafond, une franchise, une condition d’entretien ou une exclusion.
Un intitulé commercial ne remplace pas la clause qui déclenche réellement l’indemnisation.
Qui peut être indemnisé ?
Impact décision : Le contrat doit préciser les dommages causés aux tiers par le bien ou le propriétaire.
Quels éléments sont couverts ?
Impact décision : Murs, équipements, embellissements et dépendances peuvent avoir des définitions distinctes.
Que reste-t-il à votre charge ?
Impact décision : Une prime basse peut s’accompagner d’une franchise élevée ou d’un plafond réduit.
Dans quels cas la garantie ne joue-t-elle pas ?
Impact décision : Vacance prolongée, défaut d’entretien ou usage non déclaré peuvent modifier la prise en charge.
La PNO protège principalement le propriétaire face à des dommages liés au bien et à sa responsabilité. Elle ne garantit pas automatiquement le paiement du loyer. Pour ce risque, le bailleur peut souscrire une assurance loyers impayés, aussi appelée GLI, avec ses propres conditions d’éligibilité, de déclaration et d’indemnisation.
L’ANIL rappelle que l’étendue des garanties et les modalités de prise en charge varient selon les contrats. Une assurance impayés peut couvrir loyers, charges ou frais de contentieux dans certaines limites, mais le plafond, la franchise, la durée et les justificatifs exigés doivent être vérifiés dans les documents contractuels. Ne présentez donc pas une estimation de prix ou de remboursement comme une règle générale.
Le cumul avec une caution n’est pas libre dans tous les cas. Pour un bailleur personne physique ou une SCI familiale, l’ANIL indique qu’une caution ne peut en principe pas être exigée en plus d’une assurance couvrant les impayés, sauf notamment lorsque le locataire est étudiant ou apprenti. Ce point concerne la garantie locative, pas la responsabilité civile PNO : les deux sujets doivent rester séparés.
Commencez par décrire le bien : appartement ou maison, copropriété ou non, cave, parking, dépendance, location vide ou meublée, occupation continue ou périodes de vacance. Ajoutez les activités ou équipements qui changent le risque, comme une cheminée, une piscine, des travaux ou une location saisonnière. Une déclaration imprécise peut créer un écart entre le risque réel et le contrat.
Demandez ensuite une proposition détaillée. Elle doit faire apparaître la cotisation, les franchises, les plafonds, les exclusions, les délais de déclaration et les obligations de prévention. Comparez les garanties ligne par ligne, en conservant la date et la version des documents. Le prix seul ne permet pas de dire quelle offre protège le mieux un propriétaire bailleur.
Réunissez les faits : date, lieu, origine supposée, personnes prévenues, dommages visibles, photos, état des lieux et échanges avec le locataire ou le syndic. Déclarez le sinistre selon le délai et le canal prévus au contrat, sans abandonner les mesures urgentes destinées à limiter les dégâts. Le bailleur, le locataire et le syndic peuvent avoir chacun une déclaration à effectuer selon l’origine du dommage.
Si un désaccord persiste, commencez par une réclamation écrite à l’assureur ou à l’intermédiaire, puis consultez la procédure de médiation applicable. La Médiation de l’Assurance rappelle ses propres conditions de recevabilité : elles ne remplacent pas l’examen du contrat ni un conseil adapté à une situation contentieuse.
Pour un propriétaire bailleur, la bonne assurance est celle qui correspond au bien, à son occupation et aux responsabilités effectivement assumées. En copropriété, sécurisez d’abord la responsabilité civile obligatoire. Hors copropriété, mesurez le risque de responsabilité et l’intérêt d’une PNO. Puis examinez séparément les dommages au bâtiment et les loyers impayés. Si une clause ou une situation personnelle reste incertaine, demandez une réponse écrite à l’assureur avec la référence exacte du contrat.