Oui, une TPE a besoin d'une cyberassurance dès qu'une panne, un vol de données ou une fraude bloque son chiffre d'affaires ou engage sa responsabilité envers ses clients. Cette couverture n'est pas un doublon de la RC Pro : elle prend en charge des pertes que la RC Pro ne couvre pas.
Vous allez voir si votre activité est réellement concernée, ce que la cyberassurance paie concrètement, où s'arrête votre RC Pro, et comment choisir un contrat sans payer pour des garanties inutiles.
Le parcours
Les étapes de cette page, dans l’ordre.
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01 Identifier son exposition Repérer ce qui, dans l'activité, dépend des données, des logiciels ou des paiements.
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02 Comparer avec la RC Pro Vérifier ce que le contrat actuel couvre déjà et ce qui reste à découvert.
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03 Lire les garanties Contrôler plafonds, franchise, assistance et exclusions avant de signer.
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04 Décider et prévenir Souscrire au bon niveau et appliquer les mesures qui évitent l'exclusion pour négligence.
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Qu'est-ce qu'une cyberassurance, en clair ?
Une cyberassurance indemnise votre entreprise après un incident informatique : intrusion, rançongiciel, vol de fichiers, détournement de fonds par fraude au président.
Une cyberassurance indemnise les pertes financières que votre entreprise subit après un incident informatique. Si un employé se fait piéger par un faux président et vire des fonds, c'est la fraude au virement que le contrat prend en charge. Si un rançongiciel bloque vos fichiers, la perte de vos données devient un dommage pour vous, pas seulement pour un tiers. Un arrêt d'activité coûte souvent plus cher que la rançon demandée : facturation gelée, commandes perdues, équipes à l'arrêt. La prévention pèse directement sur la cotisation : des sauvegardes testées et une double authentification font baisser la prime demandée.
Les pertes de l'entreprise
Frais de restauration des systèmes, heures techniques pour redémarrer, manque à gagner pendant l'interruption. C'est le cœur de la garantie, souvent absent ailleurs.
Le point cléDemandez une indemnisation en perte d'exploitation, pas seulement une aide à la remise en route.
La gestion de crise
Un réseau d'experts prend le relais : informaticiens, juristes, parfois communication. L'assureur ouvre une ligne dédiée dès le premier appel.
Le point cléGardez le numéro d'assistance hors de votre messagerie professionnelle.
La responsabilité après une fuite
Si des données de clients, de salariés ou de patients s'échappent, l'entreprise peut être mise en cause. Le contrat prend en charge la défense et l'indemnisation.
À vérifierLa défense entre en jeu quand le sinistre est couvert : une exclusion de négligence fait tomber l'ensemble.
Les frais annexes
Notification aux personnes concernées, surveillance des comptes bancaires après une fraude, relations presse si la fuite devient publique. Ce sont des postes isolés mais coûteux.
Le point cléVérifiez que ces frais figurent dans une liste, pas dans une phrase vague.
Pour approfondir
La section explique ce que la cyberassurance paie ; celle-ci déroule l'ordre réel des opérations, jour par jour, et ce que l'assureur attend de vous pendant cette semaine-là.
La première semaine
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Quels profils de TPE doivent s'en préoccuper en premier ?
Trois niveaux de priorité se dessinent selon ce qui s'arrête quand l'informatique tombe : haute, moyenne, ou à évaluer au cas par cas.
Ne cherchez pas votre métier dans une liste, cherchez votre dépendance. Un garage et un cabinet dentaire n'ont pas la même exposition, parce que l'un peut ouvrir sans son logiciel quand l'autre s'arrête net. Le métier compte moins que la dépendance.
Répondez à trois questions. Sans logiciel, pouvez-vous encore facturer et livrer ? Vos fichiers clients sont-ils nécessaires au quotidien ? Encaissez-vous en ligne ? Voici comment lire vos réponses.
- Priorité haute : un « non » à la première question, ou deux « oui » aux suivantes. C'est le cas d'un cabinet dentaire, d'un e-commerce, d'un cabinet comptable, d'un éditeur de logiciel ou d'un transporteur avec suivi GPS.
- Priorité moyenne : un seul « oui » aux deux dernières questions. Vous détenez des données clients ou vous encaissez en ligne, mais vous tenez quelques jours sans informatique.
- À évaluer : ni données sensibles, ni paiement en ligne, ni dépendance forte. Vérifiez d'abord ce que couvre déjà votre RC Pro.
Pour la suiteun garage peut ouvrir sans logiciel, alors qu'un e-commerce s'arrête net dès que son site tombe.
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Cyberassurance et RC Pro : quelle différence ?
La RC Pro paie les dommages que vous causez à un tiers ; la cyberassurance paie d'abord les pertes que vous subissez. Les deux ne se remplacent pas.
La RC Pro répond de votre responsabilité envers vos clients et vos fournisseurs. Elle couvre donc les dommages que vous leur causez, et s'étend parfois aux atteintes aux données que vous hébergez. À l'inverse, la cyberassurance prend en charge vos propres pertes financières, même en l'absence de toute faute de votre part.
Alors les deux garanties ne se recoupent-elles jamais ? Si, sur un point précis, la responsabilité après une fuite de données. Là, la cyberassurance peut compléter la RC Pro, et chacune intervient sur un versant différent du même sinistre.
Ce que chaque contrat prend en charge
| Situation | RC Pro | Cyberassurance |
|---|---|---|
| Restauration des systèmes après un rançongiciel | Non | Oui |
| Perte de chiffre d'affaires pendant l'arrêt | Non | Oui, selon la garantie perte d'exploitation |
| Frais d'avocat après une plainte d'un client | Oui, dans le cadre du contrat | Oui, garantie défense |
| Indemnisation de clients dont les données ont fuité | Oui si l'extension atteinte aux données est souscrite | Oui, garantie responsabilité |
| Assistance technique pendant la crise | Non | Oui, cellule de crise dédiée |
| Fraude au virement par usurpation d'un dirigeant | Non | Oui, garantie fraude dans certains contrats |
| Notification aux personnes concernées | Rarement | Oui |
Comparez garantie par garantie avec votre courtier : une RC Pro étendue peut déjà couvrir une partie de la ligne « responsabilité ».
Pour approfondir
Le tableau dit qui paie quoi, mais pas pourquoi une RC Pro étendue aux données vous laisse seul face aux vrais coûts d'une cyberattaque.
Limites de la RC Pro
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Combien coûte une cyberassurance pour une TPE ?
Les sources que nous avons lues ne publient aucun tarif fiable : la prime dépend du chiffre d'affaires, du nombre de postes, des données détenues et des mesures de sécurité en place.
Nous ne donnons pas de prime moyenne, parce qu'aucune des sources lues n'en publie une que nous puissions vérifier. Ce qui fait varier la prime, en revanche, est bien identifié. Elle monte avec le chiffre d'affaires couvert, le nombre de postes informatiques, le volume de données personnelles détenues et la présence d'un site marchand ou de paiements en ligne. L'absence de double authentification pèse aussi, puisqu'elle ouvre la porte aux attaques.
À l'inverse, des sauvegardes testées, des mots de passe gérés, des salariés sensibilisés et un hébergement chez un prestataire reconnu font baisser la prime. Regardez aussi le reste à charge. Une franchise élevée allège la prime tout en fragilisant la trésorerie le jour du sinistre, alors comparez toujours à plafond égal. Demandez deux ou trois devis écrits avec le même plafond et la même franchise, puis comparez la prime annuelle ligne à ligne.
Exemple chiffré
Exemple chiffré : indemnisation après une attaque
- Plafond de garantie souscrit
- 200 000 €
- Franchise contractuelle
- 1 000 €
- Coût total du sinistre (restauration, arrêt, expertise)
- 30 000 €
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Coût du sinistre couvert30 000 €
30000
Prestations techniques, heures d'arrêt, expertise forensique, frais de notification.
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Franchise déduite29 000 €
30000 − 1000
La franchise reste à la charge de l'entreprise.
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Plafond de garantie200 000 €
200000
Le plafond n'est pas atteint, donc il ne limite pas l'indemnisation.
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Indemnisation versée29 000 €
min(30000 − 1000, 200000)
Reste à charge pour l'entreprise : 1 000 €.
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Comment choisir et souscrire sans trou de couverture ?
La méthode tient en quatre étapes : mesurer son exposition, trier les garanties, lire les exclusions, puis comparer à garanties égales.
Le plafond affiché n'est qu'un argument commercial : la franchise, les délais d'attente et les exclusions pèsent autant sur ce que vous toucherez réellement. Demandez donc au courtier la liste écrite des exclusions, puis confrontez-la à votre activité avant l'échéance, quand vous pouvez encore changer.
Des sauvegardes testées et une double authentification font baisser la prime, puisque l'assureur y voit un risque moindre. Ces mêmes mesures vous évitent l'exclusion pour négligence. Vous payez moins et vous êtes mieux couvert.
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Mesurer son exposition
Listez les données détenues, les logiciels indispensables, les moyens de paiement utilisés et le temps maximal d'arrêt supportable par l'entreprise.
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Trier les garanties
Priorisez réponse à incident, perte d'exploitation, fraude au virement, responsabilité après fuite. Écartez les options qui ne correspondent à aucun usage réel.
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Comparer à garanties égales
Mettez les devis côte à côte avec les mêmes plafonds, la même franchise et la même durée d'indemnisation. Un tarif plus bas cache souvent un plafond plus faible ou une franchise plus lourde.
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Lire les exclusions
Contrôlez spécifiquement les clauses de négligence, de retard de déclaration, de défaut de mise à jour et de sous-traitance informatique. Notez les mots qui déclenchent un refus de garantie.
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Formaliser et archiver
Conservez l'inventaire informatique, les procédures de sauvegarde et la liste des accès. Ce dossier sert en cas de sinistre et facilite la renégociation à l'échéance.
Pour approfondir
La « négligence » est le motif de refus le plus courant en cyber, et le contrat ne la définit jamais vraiment. Voici comment elle se joue en pratique.
Clause de négligence
Pour la suiteDès que le sinistre frappe, vous devez gérer les délais et la déclaration, preuves à l'appui.
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Que se passe-t-il le jour du sinistre ?
L'ordre des appels et la conservation des preuves déterminent l'indemnisation : assureur ou courtier d'abord, puis la cellule de crise, sans toucher aux postes infectés.
Donc vous décrochez, et le compte à rebours commence. Selon l'article L113-2 du Code des assurances, le contrat ne peut pas prévoir un délai de déclaration inférieur à cinq jours ouvrés après la connaissance du sinistre, et à deux jours ouvrés en cas de vol. Ces délais courent vite, alors préparez vos éléments sans attendre. On vous demandera des éléments peu techniques, comme une capture du message frauduleux, les coordonnées bancaires détournées ou l'identifiant du compte touché.
Si des données personnelles sont concernées, le RGPD (article 33) impose au responsable de traitement de notifier la violation à la CNIL dans un délai de soixante-douze heures, sauf si elle n'est pas susceptible d'engendrer un risque pour les personnes. Le responsable de traitement, c'est votre entreprise. L'assureur ou son expert peut vous assister dans cette démarche, mais il ne se substitue pas à vous. Transmettez-lui donc rapidement les faits précis, pour que la notification parte dans le délai.
Appeler l'assistance avant toute manipulation
Ne nettoyez pas le poste, n'éteignez pas les serveurs sans consigne : certains éléments peuvent être utiles à l'expertise.
Isoler le matériel infecté
Débranchez la machine du réseau pour éviter la propagation, mais conservez-la allumée en l'état.
Conserver les messages et les relevés
Imprimez ou exportez les courriels suspects, les échanges avec la fausse banque ou le faux fournisseur, et le relevé montrant le débit contesté.
Bloquer les paiements
Prévenez immédiatement la banque de l'entreprise pour tenter un rappel des fonds détournés.
Faire une première déclaration écrite
Résumez la chronologie et joignez les pièces réunies. Un récit daté et factuel accélère l'ouverture du dossier.
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Quelles erreurs font refuser une indemnisation ?
La majorité des refus vient de quatre erreurs : souscrire sous-évalué, laisser un accès partagé, tarder à déclarer, choisir sur le prix seul.
Un chiffre d'affaires déclaré en dessous de la réalité à la souscription fait baisser la prime, mais il peut aussi faire baisser l'indemnisation. L'assureur applique alors une règle de proportionnalité entre ce que vous avez déclaré et ce que vous auriez dû déclarer.
Une clause de négligence ignorée provoque des refus après expertise, même quand l'attaque vient de l'extérieur : l'assureur vérifie vos mots de passe, vos sauvegardes, vos accès partagés. Si vous résiliez votre cyberassurance sans prévenir aussitôt le nouveau contrat, les deux échéances ne se recouvrent pas et le sinistre tombe dans l'intervalle : personne n'indemnise.
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Que décider maintenant pour votre TPE ?
Trois décisions concrètes suffisent dans la plupart des TPE : mesurer, comparer, souscrire au bon niveau et non au plus large.
Reprenez votre contrat de RC Pro et notez noir sur blanc ce qu'il couvre déjà en matière de données. Comme la réponse évite un doublon ou un trou, vous savez alors si votre activité est déjà protégée ou si personne ne l'est.
Faites ensuite établir deux devis, une extension cyber et une cyberassurance dédiée, en gardant le plafond et la franchise identiques, puis décidez sur l'écart de garanties réelles. Avant de souscrire, renforcez la double authentification et les sauvegardes. Cette hygiène fait baisser la prime et éloigne les exclusions pour négligence.
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