Oui : tout maçon qui réalise ou modifie un ouvrage doit être couvert par une responsabilité civile décennale avant le début du chantier, sans exception de statut. Cette assurance prend en charge, pendant dix ans, les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
Vous allez trouver ici ce que la loi impose exactement, les travaux de maçonnerie concernés, les fourchettes de cotisation et leurs facteurs, ainsi que les pièges propres à l'auto-entrepreneur et au sous-traitant.
Le parcours
Les étapes de cette page, dans l’ordre.
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01 Vérifier l'obligation Confirmer que votre activité entre dans le champ de la loi avant de prospecter.
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02 Décrire ses travaux Lister les chantiers réellement réalisés, gros œuvre comme second œuvre.
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03 Chiffrer sa cotisation Comparer plusieurs devis à garanties égales, pas au prix brut.
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04 Souscrire et attester Obtenir l'attestation avant le premier coup de pelle, puis la transmettre.
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La décennale est-elle obligatoire pour un maçon ?
Oui, dès que vous réalisez ou modifiez un ouvrage, et l'assurance doit être en place avant l'ouverture du chantier.
L'obligation ne vise pas seulement le maçon qui monte les murs. La loi Spinetta et l'article 1792 du Code civil imposent la décennale à tous ceux qui construisent : l'entrepreneur, le promoteur, le lotisseur, le maître d'œuvre, l'architecte, le technicien, le bureau d'étude, l'ingénieur-conseil, l'artisan et l'auto-entrepreneur. Si vous êtes constructeur étranger, la même couverture vous attend pour intervenir en France. En clair : dès que votre métier touche à l'ouvrage, la question n'est pas « faut-il ? » mais « suis-je couvert ? ».
Qui est concerné
L'obligation de souscrire une responsabilité civile décennale vise une liste précise de professionnels de la construction.
- Professionnels visés
- Entrepreneur, promoteur, lotisseur, maître d'œuvre, architecte, technicien, bureau d'étude, ingénieur-conseil, artisan, auto-entrepreneur, constructeurs étrangers
Le point cléSi vous figurez dans cette liste, l'attestation est due avant d'ouvrir le chantier.
À quel moment souscrire
Les constructeurs ont l'obligation de souscrire une assurance de responsabilité civile décennale. Un contrat signé après le démarrage ne couvre pas le chantier commencé.
- Obligation
- Souscrire une RC décennale, en vigueur au 10 avril 2026
Le point cléFaites dater l'attestation avant le premier jour de chantier.
Ce que la garantie couvre
Elle prend en charge, pendant dix ans, les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination.
Le point cléLa garantie suit l'ouvrage, pas votre entreprise : elle reste due même si vous cessez l'activité.
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Quels travaux de maçonnerie sont couverts par la décennale ?
Tout ce qui touche à la structure et à la solidité de l'ouvrage entre dans la garantie ; la décoration et l'entretien courant en sont exclus.
Le gros œuvre et la maçonnerie générale qui modifient la structure de l'ouvrage sont au cœur de la garantie décennale : fondations, dalles, murs porteurs. En revanche, le second œuvre et le ravalement relèvent souvent de la garantie biennale ou de la responsabilité civile professionnelle, pas de la décennale, parce que ces travaux ne touchent pas à la solidité de la structure ni à l'étanchéité.
D'où un arbre de décision simple : la reprise touche-t-elle la structure ou l'étanchéité de l'ouvrage ? Si oui, elle entre dans la décennale ; sinon, elle bascule vers une autre garantie. Attention toutefois : un contrat rédigé pour un autre métier du bâtiment peut laisser des travaux de maçonnerie hors garantie. Vérifiez donc que votre assurance couvre bien votre activité réelle, car c'est la fonction du travail, pas son nom, qui classe le chantier.
Pour approfondir
Le principe est simple, l'application l'est moins : voici comment classer un chantier précis quand les catégories se chevauchent.
Travaux couverts ou non
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Quels sinistres en maçonnerie font jouer la décennale ?
Les fissures structurelles, l'affaissement de dallage et les infiltrations liées au gros œuvre sont les trois grandes familles qui reviennent.
Une fissure ne déclenche la décennale que si elle affecte la solidité ou l'usage du bâtiment. Le simple faïençage, cette résille fine en surface, reste esthétique : il ne suffit pas à engager la garantie, car aucun désordre grave n'est en jeu. Dès que le désordre compromet la solidité de l'ouvrage ou le rend impropre à sa destination, la décennale joue.
L'affaissement d'une dalle ou d'une terrasse renvoie presque toujours à une erreur de fondation, de compactage ou de dosage du béton. Une infiltration qui rend un local inutilisable engage aussi la garantie, même sans fissure visible. Ces reprises de structure se chiffrent en dizaines de milliers d'euros : c'est précisément ce que le contrat couvre, et c'est ce qui justifie de vérifier vos garanties avant de signer.
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Combien coûte une assurance décennale de maçon ?
La cotisation dépend surtout du chiffre d'affaires déclaré, de la part de gros œuvre, de l'ancienneté et de la zone géographique.
L'assureur ne fixe pas un forfait, mais applique un taux à votre chiffre d'affaires prévisionnel. Ce taux dépend de votre profil : la part de gros œuvre, votre ancienneté et la zone géographique pèsent sur la cotisation.
À ces critères s'ajoutent la sous-traitance et le niveau de garantie souscrit, car ils modifient le risque que l'assureur accepte de couvrir.
Exemple chiffré
Construire une cotisation de base
- Chiffre d'affaires prévisionnel
- 60 000 €
- Taux appliqué au CA (exemple)
- 3,5 %
- Minimum de cotisation (exemple)
- 1 200 €
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Cotisation au prorata du CA2 100 €
60000 × 3,5 ÷ 100
Taux d'exemple appliqué au chiffre d'affaires prévisionnel déclaré à la souscription.
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Comparaison avec le minimum du contrat2 100 €
max(2100, 1200)
Le minimum de cotisation s'applique quand le calcul au prorata est inférieur.
Pour approfondir
Deux artisans au même chiffre d'affaires ne paient pas la même chose : voici le détail de ce qui fait basculer la note, critère par critère.
Calculer sa cotisation
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Quels documents préparer pour demander un devis ?
Un dossier complet accélère l'étude : l'assureur veut comprendre l'entreprise, son activité et ses chantiers passés.
Réunissez d'abord les pièces d'identité juridique, comme un extrait Kbis ou un avis de situation SIRENE, pour que l'assureur comprenne votre entreprise. Ajoutez votre date de début d'activité. Ajoutez le chiffre d'affaires des derniers exercices, ou votre prévisionnel si vous créez tout juste, puis la répartition de vos travaux entre gros œuvre, second œuvre, ravalement et restauration. Préparez enfin vos attestations d'assurance précédentes et votre relevé de sinistralité, s'ils existent.
Un dossier complet accélère l'étude. L'assureur veut cerner votre activité réelle et vos chantiers passés. Quand une pièce manque, l'instruction s'allonge et le tarif reste flou. Le détail demandé dépend ensuite de votre statut, qui change la façon dont votre responsabilité est couverte.
Identité de l'entreprise
Extrait Kbis ou avis SIRENE, statut juridique et date de début d'activité.
Chiffre d'affaires
Bilans des deux ou trois derniers exercices clos, ou prévisionnel pour une création.
Détail des activités
Pourcentage de gros œuvre, second œuvre, ravalement, restauration et démolition.
Sous-traitance
Part des chantiers sous-traités et identité des sous-traitants réguliers.
Historique d'assurance
Attestations antérieures, relevé de sinistralité et motifs de résiliation éventuels.
Qualifications
Diplômes, CAP, BP ou titres professionnels liés à la maçonnerie.
Pour la suiteLe contenu du dossier diffère selon votre statut, qu'il faut d'abord clarifier.
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Auto-entrepreneur, société ou sous-traitant : quelles différences ?
L'obligation est la même pour tous, mais la façon de la prouver et le risque de requalification changent.
Que vous choisissiez la micro-entreprise, la société ou la sous-traitance, l'obligation reste la même. C'est l'activité qui compte, pas le statut. Votre contrat de décennale ne mentionne jamais « auto-entrepreneur » ; il décrit des travaux de maçonnerie. Si vous les réalisez, vous devez être couvert, même pour une petite intervention.
Même si vous sous-traitez, vous restez responsable devant le maître d'ouvrage. Le risque de requalification pèse sur celui qui laisse travailler sans vérifier. Avant la première pierre, exigez donc de chaque sous-traitant une décennale en cours.
Maçon en micro-entreprise
Le statut simplifié ne change rien à l'obligation. Il faut être couvert dès le premier chantier.
Le point cléDéclarez un CA prévisionnel réaliste : il sert de base à la cotisation.
Maçon en société
La société est l'Assuré, pas le gérant. Le contrat doit porter le nom exact de la personne morale.
Le point cléVérifiez que l'objet social du contrat correspond bien aux travaux réalisés.
Maçon sous-traitant
Vous restez responsable de la partie d'ouvrage que vous exécutez. L'entreprise principale peut exiger une attestation nominative.
Le point cléExigez et fournissez une attestation pour chaque chantier, à jour.
Donneur d'ordre
Confier un lot à un sous-traitant ne vous transfère pas sa responsabilité : le maître d'ouvrage peut toujours se retourner.
Le point cléGardez une copie de l'attestation décennale de chaque intervenant.
Pour approfondir
La sous-traitance peut sembler une simple organisation de chantier ; en réalité, elle peut requalifier votre activité et laisser un sinistre sans indemnisation. Voici le mécanisme.
Sous-traitance et statut
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Que risque un maçon sans assurance décennale ?
Une responsabilité personnelle pendant dix ans, des amendes pénales et l'exclusion des marchés qui exigent l'attestation.
Sans décennale, la réparation d'un désordre engage votre patrimoine personnel, et rien ne vient plafonner la note : le maître d'ouvrage vous réclame l'intégralité du coût, y compris la reprise, le relogement ou la valeur perdue du bien. L'action reste ouverte dix ans après la réception.
Le défaut d'assurance est aussi une faute pénale, qui peut aller jusqu'à l'interdiction d'exercer. Dans les appels d'offres, maître d'ouvrage et entreprise principale exigent l'attestation, qui conditionne votre entrée sur le chantier : sans elle vous ne signez pas. Si votre sous-traitant travaille sans garantie, votre responsabilité d'entreprise principale est engagée pour ses malfaçons.
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Décennale, dommages-ouvrage et RC pro : qui souscrit quoi ?
La décennale et la RC professionnelle couvrent le constructeur ; le dommages-ouvrage protège le maître d'ouvrage et doit être souscrit avant l'ouverture du chantier.
Deux contrats se ressemblent par leur nom et ne protègent pourtant pas la même personne. La garantie décennale couvre le constructeur et prend en charge les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. La RC professionnelle du constructeur joue un autre rôle : elle intervient sur les dommages immatériels et les désordres qui ne relèvent pas de la décennale, car les dommages corporels ou matériels causés aux tiers pendant les travaux relèvent de la responsabilité civile d'exploitation, un contrat distinct si l'entreprise n'en dispose pas déjà.
Le dommages-ouvrage, lui, protège le maître d'ouvrage : c'est une assurance obligatoire, à souscrire avant l'ouverture du chantier de construction, d'extension ou de rénovation d'un bâtiment par une entreprise.
Trois garanties, trois rôles
| Garantie | Qui la souscrit | Ce qu'elle couvre | Quand |
|---|---|---|---|
| Décennale | Le constructeur (dont le maçon) | Les dommages qui compromettent la solidité ou rendent l'ouvrage impropre à sa destination, pendant dix ans | Avant l'ouverture du chantier |
| Dommages-ouvrage | Le maître d'ouvrage | Préfinance les réparations des désordres décennaux, puis se retourne contre les constructeurs | Avant l'ouverture du chantier de construction, d'extension ou de rénovation |
| RC professionnelle | Le constructeur | Les dommages causés aux tiers et aux biens pendant les travaux, hors garantie décennale | Avant le début de l'activité |
La décennale protège le client ; le dommages-ouvrage le préfinance ; la RC professionnelle couvre les dommages de chantier.
Pour la suiteVoici les erreurs à éviter avant de signer votre contrat.
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Quelles erreurs éviter avant de signer ?
Les erreurs les plus coûteuses tiennent au décalage entre le contrat signé et les chantiers réellement exécutés.
Le décalage entre le contrat signé et vos chantiers réels coûte cher. Une activité trop vague se paie au moment du sinistre. Un contrat libellé « maçonnerie générale » peut exclure la démolition ou la restauration. Listez donc noir sur blanc vos chantiers réels avant de signer, et faites confirmer chaque activité par l'assureur.
Même logique pour le chiffre d'affaires. Quand vous sous-déclarez votre chiffre d'affaires, votre indemnisation baisse le jour où vous déclarez un sinistre. Déclarez donc ce que vous facturez réellement. Quant aux sous-traitants, exigez leur attestation d'assurance avant de les laisser travailler. Sans elle, leur erreur devient votre problème.
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Que décider maintenant pour votre premier chantier ?
Confirmez le périmètre de votre activité, chiffrez votre cotisation à partir du CA prévisionnel et faites dater l'attestation avant le premier coup de pelle.
Si vous démarrez en micro-entreprise, la fiche dédiée aux auto-entrepreneurs du bâtiment détaille la souscription, étape par étape. Vous y trouvez le calcul de la cotisation à partir des critères de votre profil, car aucun tarif moyen national ne s'applique : votre cotisation se lit dans les critères de votre profil, pas dans une moyenne.
Quand deux devis arrivent avec des garanties identiques mais des franchises différentes, la méthode de choix entre trois devis fait le tri : vous alignez les garanties, puis vous comparez les franchises sur ce qu'elles vous laissent réellement à payer. À garanties égales, la franchise décide.
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