Une attestation décennale est le document que l'assureur remet à l'artisan pour prouver l'existence et la portée de sa garantie décennale. C'est un document daté, nominatif et limité : il ne prouve rien pour un autre chantier que ceux qu'il décrit.
Vous allez apprendre à lire ce document ligne par ligne, à repérer une attestation expirée ou hors activité, et à la faire confirmer par l'assureur en quelques minutes.
Le parcours
Les étapes de cette page, dans l’ordre.
-
01 Recevoir le document L'artisan vous transmet son attestation avant la signature ou le démarrage.
-
02 Lire les 9 mentions Vous comparez chaque mention à ce que vous savez du chantier.
-
03 Authentifier Vous demandez confirmation à l'assureur avec les références du contrat.
-
04 Décider Vous signez si tout concorde, sinon vous suspendez le chantier.
01 / 09
Qu'est-ce qu'une attestation décennale, exactement ?
Une attestation décennale est un extrait du contrat d'assurance responsabilité civile décennale de l'entreprise, remis par l'assureur pour prouver que la garantie existe et jusqu'où elle va.
Une attestation décennale, c'est un extrait du contrat d'assurance responsabilité civile décennale de l'entreprise, que l'assureur remet pour prouver que la garantie existe et jusqu'où elle va. Mais attention, car le nom ne suffit pas : ce papier ne dit pas si la prime est payée.
D'où l'autre document, l'attestation de paiement de prime, qui confirme que l'entreprise est bien à jour. Et ne confondez pas avec la carte verte : celle-ci concerne l'assurance auto, pas la décennale. Dès lors, si vous êtes couvert par cette garantie et qu'un désordre apparaît, vous savez à qui vous adresser.
Le document, pas le contrat
L'attestation résume le contrat, elle ne le remplace pas. Vous n'avez pas à exiger le contrat complet, mais l'attestation doit renvoyer à ses références.
- Émetteur
- L'assureur, pas l'artisan
Le point cléGardez l'original ou le PDF daté dans le dossier du chantier.
Une garantie limitée dans le temps
Elle couvre des travaux précis et une période précise. Un document émis il y a trois ans ne dit rien de la couverture d'aujourd'hui.
- Portée
- Période et activités indiquées
Le point cléComparez toujours les dates au calendrier du chantier.
Une obligation pour le constructeur
L'assurance de responsabilité civile décennale est obligatoire pour les constructeurs, mais aucune obligation légale ne précise la date à laquelle ils doivent vous la transmettre.
- Texte
- Article L241-1 du Code des assurances
Le point cléFaites-en une condition écrite dans le devis.
Ce qu'elle ne dit pas
Elle ne dit pas si la prime a été payée récemment, ni si le contrat est toujours en cours au moment où vous lisez le document.
- Limite
- Photographie à un instant donné
Le point cléPour la prime, demandez l'attestation de paiement à part.
02 / 09
Attestation et garantie décennale : quelle différence ?
La garantie décennale est ce que le contrat couvre pendant dix ans après la réception des travaux ; l'attestation est la feuille de papier qui prouve que ce contrat existe.
La garantie décennale, c'est ce que votre contrat couvre : les désordres qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination, pendant les dix ans qui suivent la réception des travaux. L'attestation, elle, n'indemnise rien.
Sans attestation, la garantie peut exister quand même, mais vous n'avez aucun moyen de le savoir. Et c'est tout l'enjeu du document : avant de laisser quelqu'un toucher à votre maison, vous voulez voir la preuve, pas croire sur parole.
Les deux notions à ne pas confondre
| Point | Garantie décennale | Attestation décennale |
|---|---|---|
| Nature | Obligation de couverture du constructeur | Justificatif émis par l'assureur |
| Quand | Dix ans après la réception | Avant le démarrage du chantier |
| Qui l'utilise | La victime d'un désordre, via l'assureur | Le maître d'ouvrage, pour vérifier |
| Rôle en cas de sinistre | Fonde l'indemnisation | Ne sert pas à l'indemnisation |
| Origine | Code des assurances | Arrêté du 5 janvier 2016 |
Une garantie sans attestation reste difficile à prouver ; une attestation sans garantie n'existe pas.
Pour la suiteReste à savoir qui doit souscrire cette décennale, et qui doit vous montrer l'attestation.
03 / 09
Qui doit souscrire une décennale, et qui doit fournir l'attestation ?
Toute personne qui construit, y compris en sous-traitance ou en auto-entreprise, doit être couverte ; dans la pratique, chaque intervenant du chantier fournit son attestation.
Qui est concerné par cette obligation ? La liste est plus large qu'on ne l'imagine : à côté de l'architecte, du maître d'œuvre ou du promoteur, elle inclut aussi l'artisan, l'auto-entrepreneur et jusqu'aux constructeurs étrangers qui couvrent la responsabilité décennale selon la loi applicable.
Conséquence directe pour vous : il y a autant d'attestations à contrôler que d'entreprises présentes sur le chantier, sous-traitants compris, même ceux que vous n'avez pas choisis vous-même. Car un artisan qui travaille seul, y compris pour de petits travaux, entre dans le champ de l'obligation.
Maître d'ouvrage particulier
Vous faites construire ou rénover en confiant un ouvrage à une entreprise. Vous demandez l'attestation avant la signature.
Le point cléExigez-la pour chaque lot, pas seulement pour le gros œuvre.
Promoteur ou syndic
Vous coordonnez plusieurs entreprises. Le suivi documentaire fait partie de votre mission de contrôle.
Le point cléTenez un tableau des attestations par entreprise et par date.
Sous-traitant
Même sans contrat direct avec vous, il doit être assuré pour les travaux qu'il exécute sur votre chantier.
Le point cléDemandez la liste des sous-traitants à l'entreprise principale.
Artisan étranger
Un constructeur établi hors de France doit couvrir sa responsabilité décennale selon la loi applicable ; l'attestation reste due.
Le point cléVérifiez que le document est rédigé dans une langue que vous lisez.
04 / 09
Que doit obligatoirement contenir l'attestation ?
L'arrêté du 5 janvier 2016 fixe les mentions qui doivent figurer sur l'attestation, quelle que soit l'activité de l'entreprise.
Ces mentions ne relèvent pas d'une simple formalité : elles figurent dans un texte officiel. Alors leur absence n'est pas une négligence de forme, c'est un signal. Une case vide, ou une mention « néant », veut dire quelque chose : l'activité que vous cherchez n'est pas dans la liste, elle n'est pas couverte. Le document porte une date et une signature de l'assureur, car sans date, impossible de savoir à quand remonte la couverture.
Nom et adresse de l'assuré
Ils doivent correspondre exactement à l'entreprise qui va signer le devis, pas à une autre société du même groupe.
Numéro de SIRET
Comparez-le à celui du devis et à celui du KBIS ou de l'avis de situation. Un seul chiffre différent change l'entreprise.
Références et date du contrat
Numéro de contrat et date d'effet : ce sont les informations qui permettront à l'assureur de retrouver le dossier.
Activités garanties
Lisez la liste des activités, pas seulement l'intitulé du métier. Maçonnerie, plomberie ou couverture ne sont pas interchangeables.
Période de validité
La date de début et la date de fin doivent encadrer la période du chantier, pas seulement la date de signature.
Étendue géographique et montant garanti
Vérifiez que la zone couvre bien le lieu du chantier et que le plafond est cohérent avec le montant des travaux.
Pour approfondir
La colonne des activités est celle qu'on lit le plus vite et qui coûte le plus cher : voici comment la déchiffrer avant de signer.
Activités garanties
05 / 09
Comment vérifier une attestation en 5 minutes ?
Une grille en neuf points suffit à écarter la plupart des documents inutilisables avant même d'appeler l'assureur.
Premier réflexe : l'identité. Le nom de l'entreprise sur l'attestation doit correspondre exactement à celui qui figure sur le devis et le SIRET, car une simple coquille suffit à rendre le document inutilisable. Vérifiez ensuite la période de validité : une attestation expirée ne couvre rien, même si votre chantier a démarré avant. Puis viennent les activités déclarées. Un plombier couvert pour la plomberie ne l'est pas pour la maçonnerie. Et le montant de la prime, qui doit apparaître noir sur blanc.
Attention à la confusion : certaines mentions relèvent d'une obligation légale, comme l'indication de l'assureur, de la couverture et de la zone géographique sur vos devis et factures, tandis que d'autres ne sont que des bonnes pratiques, comme vérifier que le chantier tombe bien dans la période couverte. Le texte officiel ne dit pas tout ; votre bon sens complète la grille. Alors, prêt à éplucher le document ligne par ligne ?
Pour la suiteUne fois les mentions vérifiées, encore faut-il que l'assureur les confirme de vive voix.
06 / 09
Comment faire confirmer l'attestation par l'assureur ?
L'appel ou le courriel à l'assureur est la seule vérification qui ne dépend pas de l'artisan, et il suffit d'un quart d'heure.
Vous tenez l'attestation entre vos mains, mais vous voulez la certitude que le document n'a pas été bricolé. L'appel à l'assureur ne dépend pas de l'artisan. Décrochez le téléphone, demandez le service qui suit les contrats des professionnels, et faites-vous confirmer noir sur blanc que le numéro de contrat existe, que l'activité est couverte et que la période court toujours.
Le courriel vaut mieux que l'oral, car une réponse écrite reste. Envoyez les références du contrat, le nom de l'entreprise et le chantier concerné. Vous gardez alors une preuve datée, et vous pourrez comparer, ligne par ligne, ce que l'assureur écrit avec ce que l'artisan vous a remis.
-
Relever les références
Notez le nom de l'assureur, le numéro de contrat, le nom exact de l'assuré et la date du document.
-
Écrire plutôt qu'appeler
Un courriel laisse une trace écrite ; demandez une réponse sur l'existence du contrat, sa période de validité et les activités couvertes.
-
Préciser le chantier
Indiquez l'adresse, la nature des travaux et leur montant : la réponse pourra confirmer ou infirmer la couverture pour ce chantier précis.
-
Passer par le bon canal
Le service indiqué sur l'attestation, à défaut le service client ou le courtier qui a émis le document.
-
Classer la réponse
Joignez la réponse au dossier du chantier, à côté de l'attestation et du devis signé.
-
Ne pas démarrer avant
Tant que la confirmation n'est pas arrivée, le calendrier du chantier attend : c'est la seule variable que vous maîtrisez.
Pour approfondir
Le courriel que vous allez écrire ressemble à une formalité, mais c'est lui qui fait sortir de la réponse ce que l'attestation papier passe sous silence.
Courriel à l'assureur
07 / 09
Que faire si l'artisan n'a pas d'attestation ou fournit un document douteux ?
Ne laissez pas démarrer le chantier, écrivez votre demande et donnez un délai court ; s'il n'y a pas de réponse, changez d'entreprise.
Sans attestation, vous restez exposé dix ans. Si un désordre apparaît, vous n'avez aucun recours. Alors, que faire ? Écrivez votre demande et fixez un délai court. Un document douteux, lui, se repère à des signes précis : une date trop ancienne, une activité qui ne correspond pas à votre devis, un SIRET qui n'est pas le bon, ou un montant déconnecté des travaux. Si vous avez déjà laissé démarrer le chantier, vous pouvez encore suspendre l'avancement des paiements et exiger la pièce avant la suite.
Demandez toujours par écrit. Un courriel avec un délai de réponse de quelques jours vous crée une trace. Vous avez réclamé, on ne vous a pas répondu. Vous verrez alors s'il faut changer d'entreprise. Il vous reste à interroger directement l'assureur pour confirmer que le contrat existe et qu'il couvre bien ce chantier.
Pour approfondir
Ce qui se passe vraiment quand un désordre apparaît et que l'entreprise n'a pas de couverture, plusieurs années après la fin du chantier.
Le risque du maître d'ouvrage
08 / 09
Ce que vous devez décider maintenant
Réclamez l'attestation avant tout acompte, contrôlez-la avec la grille en neuf points, puis faites-la confirmer par l'assureur.
Un chantier de construction, d'extension ou de rénovation lourde, lui, fait naître une autre obligation : l'assurance dommages-ouvrage, qui doit être souscrite avant l'ouverture du chantier. Vous voyez la nuance ? L'attestation décennale couvre l'entreprise, le dommages-ouvrage protège l'ouvrage. Les deux ne se remplacent pas.
Alors, avant de verser quoi que ce soit, regardez aussi le devis : depuis la loi Pinel, il doit mentionner l'assureur, la couverture et la zone géographique de l'entreprise. C'est la première pièce que vous ouvrez après l'attestation, car elle vous dit si le chantier entre dans la zone déclarée. Et si l'entreprise ne fournit rien, ne vous engagez pas. Mieux vaut un refus ferme qu'un chantier commencé sous incertitude.
09 / 09






