Le capital d'assurance-vie ne fait pas partie de la succession : il est versé directement aux bénéficiaires désignés par le contrat, selon une fiscalité propre. Les primes versées avant vos 70 ans ouvrent un abattement de 152 500 € par bénéficiaire ; celles versées après 70 ans, un abattement unique de 30 500 € pour l'ensemble des bénéficiaires.
Vous trouverez ici le tableau de la fiscalité avant et après 70 ans, un cas chiffré pour 300 000 € réparti entre plusieurs bénéficiaires, les délais de versement de l'assureur et ce que devient le contrat quand le bénéficiaire décède avant vous.
Le parcours
Les étapes de cette page, dans l’ordre.
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01 Décès du souscripteur Le contrat est dénoué : l'assureur est prévenu par un proche ou le notaire, avec l'acte de décès.
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02 Clause bénéficiaire lue L'assureur identifie les bénéficiaires et leur part selon la clause du contrat.
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03 Fiscalité calculée L'assureur applique l'abattement selon l'âge des versements et prélève les prélèvements sociaux sur les gains.
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04 Versement des capitaux Chaque bénéficiaire reçoit sa part, puis déclare le montant reçu à l'administration fiscale.
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L'assurance-vie entre-t-elle dans la succession ?
Non : le capital est versé hors succession aux bénéficiaires désignés, mais les primes versées après 70 ans restent soumises aux droits de succession.
Quand vous désignez un bénéficiaire, le capital de votre contrat suit la clause bénéficiaire, et non les règles de dévolution successorale. Cet argent n'entre pas dans l'actif successoral transmis aux héritiers : il leur parvient directement, en dehors du partage prévu par la loi.
Le contrat n'est pourtant pas hors fiscalité. Si les primes versées avant vos soixante-dix ans restent exclues de la succession, celles versées après cet âge y sont intégrées pour le calcul des droits de mutation. Et les gains, eux, supportent les prélèvements sociaux, que l'assureur retient au dénouement. L'exonération ne porte donc que sur le capital transmis, pas sur toute la fiscalité.
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Quelle fiscalité selon l'âge des versements : avant ou après 70 ans ?
Avant 70 ans, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire s'applique ; après 70 ans, l'abattement tombe à 30 500 € pour tous les bénéficiaires réunis.
La fiscalité ne se lit pas au jour du décès, mais versement par versement. Un même contrat peut donc mélanger les deux régimes : les primes versées avant vos 70 ans relèvent de l'abattement propre au bénéficiaire, celles versées après suivent un abattement commun à tous. Comptez ce qui entre, pas ce qui reste.
Avant 70 ans, au-delà de l'abattement, le surplus subit un prélèvement forfaitaire qui grimpe par paliers de capitaux transmis. Après 70 ans, seules les primes excédentaires paient des droits de succession selon le lien de parenté, car les produits générés ensuite restent exonérés. Deux logiques, deux calculs.
Fiscalité du capital transmis selon l'âge des versements
| Élément | Versements avant 70 ans | Versements après 70 ans |
|---|---|---|
| Sort du capital | Hors succession | Remis dans la succession pour les primes |
| Produits et gains | Inclus dans le calcul | Exonérés de droits |
| Lien de la réponse | Avant 70 ans | Après 70 ans |
Réglé par les articles 990 I et 757 B du Code général des impôts.
Pour approfondir
Le seuil de 700 000 € n'est qu'un chiffre si l'on ignore comment il se calcule quand plusieurs contrats et plusieurs bénéficiaires entrent en jeu. Un cas suffit à comprendre.
Le seuil de 700 000 €
Pour la suiteReste à voir ce que ces règles donnent concrètement sur un capital donné.
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Combien va toucher le bénéficiaire ? Deux cas chiffrés pour 300 000 €
Pour 300 000 € versés avant 70 ans à deux enfants, chaque enfant touche la totalité de sa part, aucun droit de succession n'étant dû jusqu'à 152 500 €.
Comptez bénéficiaire par bénéficiaire, jamais sur le contrat entier. L'assureur prend chaque personne désignée, compare le capital qu'elle reçoit au seuil exonéré, car c'est cette part individuelle qui déclenche ou non la fiscalité. Autrement dit, une part qui reste sous le plafond ne paie rien, sauf si un autre bénéficiaire a déjà consommé l'abattement sur le même contrat.
Prenons le cas type de cette page : un capital versé avant vos soixante-dix ans et deux enfants désignés à parts égales. L'assureur verse à chacun sa moitié : aucun droit de succession n'est dû, car la part de chaque enfant reste sous le plafond légal de 152 500 €.
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Versements après 70 ans : quels droits pour les héritiers ?
Seules les primes versées après 70 ans et excédant 30 500 € supportent les droits de succession selon le lien de parenté ; les gains du contrat restent exonérés.
L'abattement après 70 ans ne se partage pas comme celui du régime général. Il est global : tous les bénéficiaires se le répartissent, alors que l'abattement de 152 500 € reste propre à chacun. Le conjoint survivant, lui, échappe aux droits quelle que soit la date des versements. Pour un enfant, l'abattement successoral de 100 000 € s'ajoute : l'assiette après 70 ans se cumule avec celle des autres biens reçus.
Exemple chiffré
Droits pour 100 000 € versés après 70 ans, deux enfants bénéficiaires à parts égales
- Primes versées après 70 ans
- 100 000 €
- Abattement assurance-vie
- 30 500 €
- Nombre de bénéficiaires
- 2 enfants
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Assiette après abattement69 500 €
100000 − 30500
L'abattement est global et se retire une seule fois.
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Part de chaque bénéficiaire34 750 €
69500 ÷ 2
Chaque enfant hérite de la moitié de l'assiette taxable.
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Droits pour chaque enfant6 950 €
34750 × 0,20
Taux de 20 % appliqué après l'abattement personnel de 100 000 € de chaque enfant.
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Capital net pour chaque enfant43 050 €
50000 − 6950
Ce que chaque bénéficiaire reçoit réellement.
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Quels délais pour toucher le capital et quelles obligations ?
L'assureur dispose de règles précises de versement et le bénéficiaire doit déclarer le capital reçu à l'administration fiscale dans le mois qui suit, sauf pour les primes avant 70 ans.
Le versement du capital relève de l'assureur, pas du notaire : celui-ci n'intervient que pour les primes après 70 ans, remises dans la succession. L'assureur applique la clause bénéficiaire et, s'il en a besoin, sollicite le notaire pour identifier les héritiers. Vous recevez alors un écrit indiquant les montants perçus et les prélèvements effectués.
Le bénéficiaire reçoit directement les fonds, mais doit les déclarer à l'administration fiscale dans le mois. Pour les primes avant 70 ans, aucune déclaration n'est requise de votre côté, car l'assureur s'en charge. Pour les primes après 70 ans, en revanche, le notaire intègre les montants dans la déclaration de succession. Attention au temps qui passe : la prescription biennale s'applique aux actions découlant du contrat.
Pour approfondir
La clause bénéficiaire est un document vivant : ce qui arrive quand la personne désignée n'est plus là au moment du versement surprend souvent les familles.
Décès du bénéficiaire
Pour la suiteLa rédaction même de la clause bénéficiaire peut faire perdre cette somme, et c'est ce point qu'il faut examiner.
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Quelles erreurs éviter dans la clause bénéficiaire ?
La clause bénéficiaire est le cœur du dispositif : mal rédigée, elle fait rentrer le capital dans la succession ou prive un proche.
Une clause trop vague, du type « mes héritiers », fait rentrer le capital dans la succession classique : la fiscalité protectrice de l'assurance-vie est perdue. À l'inverse, une clause jamais mise à jour après un divorce, une naissance ou un décès vise la mauvaise personne, donc le proche que vous vouliez protéger ne touche rien.
Dès que le bénéficiaire accepte le bénéfice du contrat, la clause devient irrévocable et vous ne pouvez plus la modifier sans son accord. Ce verrou protège le proche désigné, mais il peut aussi bloquer une situation devenue inadaptée.
Nommer chaque bénéficiaire
Précisez les nom, prénom, date de naissance et lien de parenté, avec les parts attribuées à chacun.
Prévoir une clause de substitution
Désignez une personne de second rang en cas de décès du bénéficiaire principal avant le souscripteur.
Relire après chaque changement de vie
Mariage, divorce, naissance, décès : ce sont les quatre évènements qui doivent faire rouvrir le dossier.
Mesurer la portée d'une acceptation
L'acceptation rend la clause irrévocable : elle protège le bénéficiaire, mais fige la situation du souscripteur.
Faire relire par un professionnel
Notaire ou conseiller en gestion de patrimoine peut vérifier la cohérence de la clause et son articulation avec les autres actifs.
Pour approfondir
La fiscalité après 70 ans ne frappe pas le capital affiché mais une assiette précise. Voici comment se découpe réellement la somme reçue.
Gains et primes
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Ce qu'il faut décider selon votre situation
Souscripteur ou bénéficiaire, la bonne décision dépend de l'âge des versements et de la solidité de la clause bénéficiaire.
Si vous êtes souscripteur, commencez par relire votre clause bénéficiaire. C'est elle qui décide qui touche quoi. Anticipez le seuil des 70 ans et, lorsque votre patrimoine le justifie, simulez le prélèvement à 31,25 % : vous verrez alors ce que vos héritiers paieront réellement.
Si vous venez de perdre un proche, demandez à l'assureur l'état des versements avant et après 70 ans : vérifiez la fiscalité appliquée et le net exact de chaque part. Bénéficiaire parmi d'autres, veillez à la coordination entre assureurs. L'abattement de 30 500 € n'est appliqué qu'une fois et le notaire en tient compte dans la déclaration de succession. Pour approfondir, consultez nos pages sur la clause bénéficiaire, le notaire au dénouement et l'information des héritiers.
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Identifier son rôle
Êtes-vous souscripteur qui prépare sa transmission, ou bénéficiaire qui reçoit un capital ? Cela change les démarches à mener.
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Obtenir l'état des versements
Demandez à l'assureur le détail des primes et produits, en séparant avant et après 70 ans.
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Vérifier la clause bénéficiaire
Elle commande qui reçoit quoi : faites-la relire par un professionnel si elle date de plusieurs années.
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Coordonner avec les autres contrats
Plusieurs assureurs peuvent appliquer l'abattement : rassemblez tous les contrats pour éviter l'erreur.
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Déclarer ce qui doit l'être
Le notaire intègre les primes après 70 ans à la déclaration de succession ; les primes antérieures n'y figurent pas.
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Conserver les écrits
Gardez les reçus fiscaux de l'assureur : ils servent en cas de contrôle et pour le calcul des droits.
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